Interview Dorian HAUTERVILLE, aux Jeux Olympiques d'hiver

Direction  Pyeongchang

Dorian HAUTERVILLE (27 ans), ancien stagiaire de FormaSPORT,  participera aux JO de Pyeongchang avec l’équipe de France de bobsleigh. Il nous raconte son incroyable reconversion.

 

« On part dans l’optique de finir dans le top 10 »

 

De l’athlétisme au bobsleigh…

Dorian, peux-tu nous raconter ton parcours  sportif et ton arrivée dans le bobsleigh ?

J’ai eu un parcours sportif assez atypique. J’ai commencé le sport étant très jeune. À l’âge de 10 ans, je me suis orienté vers le football, que j’ai pratiqué pendant 8 ans. Suite à cela, passionné de course, j’ai choisi de commencer l’athlétisme, à l’âge de 18 ans. Une discipline qui me procure une certaine liberté et qui m’a permis de devenir rapidement un athlète avide de performances nouvelles.

Travailler dans le domaine du sport était une formalité. J’ai donc intégré le centre de formation FormaSPORT pour devenir coach sportif et ainsi partager mon expérience et donner envie aux autres de pratiquer. Des formations de qualité, correspondant à mes attentes,  qui  ont contribué à l’obtention de mon diplôme (BJPEPS  AGFF) en 2015.

Parallèlement à cela, j’ai continué de pratiquer l’athlétisme au DMA (Décines Meyzieu Athlétisme) et c’est en 2016 lors d’une compétition régionale (100 mètres) que la fédération française de bobsleigh  fait son entrée dans mon parcours.

En effet, la fédération de bobsleigh à tendance à regarder les bilans de l’athlétisme particulièrement les sprinters et les lanceurs. Une pratique assez courante puisque ces sports demandent des qualités similaires.

 

L’immersion dans l’univers du bobsleigh…

Tout d’abord, ils m’ont  proposé de faire un premier stage. Poussé par la curiosité, j’ai rejoint l’équipe en Italie.

C’est après ma première descente à  plus de 130 km/h, que les sensations se sont bousculées. J’ai senti cette adrénaline qui a accentué mon envie de  prendre part à cette aventure.

Un deuxième stage s’en est suivi, c’est à ce moment qu’a commencé ma formation.

 

Ton adaptation a-t-elle été difficile ?

Mon adaptation s’est bien passée, un super groupe et un bon staff !

Une formation  dense, avec de nombreux  entraînements, 2 fois par jours pendant 2 à 3 semaines d’affilée.

Un rythme assez conséquent au quotidien, que l’on ne retrouve pas dans l’athlétisme, du moins à mon niveau. Mais l’avantage c’est qu’il y a des complémentarités entre les entraînements de bob et ceux de l’athlétisme.

En 18 mois, j’ai pris près de 18 kilos de muscles (de 78 kg je suis passé à 96 kg aujourd’hui).

C’est après avoir effectué un des meilleurs temps (3e)  aux tests de poussée que j’ai intégré l’équipe de France.

La première année, j’étais remplaçant, mais suite aux nombreuses blessures d’autres sportifs, je me suis installé au poste de titulaire à l’arrière du bob.

 

Les JO…

 

C’est ta première participation aux Jeux Olympiques, comment te sens-tu ?

 

Je suis très content et honoré de participer à ce genre de compétition, je n’aurais jamais imaginé porter le maillot des bleus, encore moins en bobsleigh, c’est pour ça  que je ne  réalise pas encore.

Mais je ne  veux pas  que le fait d’y aller soit une finalité, je ne veux pas me dire que l’objectif est atteint étant donné qu’il y a quelque chose à jouer là-bas.

Je profite du moment, je reste conscient de la chance que j’ai, mais j’essaie de garder les pieds sur terre. Je pense que c’est vraiment en revenant de Pyeongchang que je pourrai faire un bilan de tout ça.

 

Pas trop stressé ?

Le fait que ce soit un sport collectif  donne moins d’impact au stress, mais il est toujours présent. Nous sommes déjà allés en Corée du Sud tester les pistes, donc le terrain ne nous est pas inconnu. Après, il est certain qu’avec le décor des JO et ce que cela représente, il y aura forcément  un petit état d’anxiété.

 

Et comment est la préparation pour ce genre d’événement ?

Le plus  gros de la préparation est de juin jusqu’à novembre. Les entraînements sont nombreux et intensifs. A contrario  les dernières semaines la préparation est  moindre, mais aussi importante. Ce que nous  voulons justement, c’est écarter tout risque de blessures avant la compétition.

 

La France fait partie du top 10 mondial en bob, un pronostique pour les JO ?

Cette année il y a deux nations  qui sont pour moi au-dessus, l’Allemagne et le Canada, qui terminent  souvent sur le podium.

Durant l’année nous avons réalisé de belles performances, en terminant à la sixième place de la manche mondiale de Whistler (Canada) à cinq centièmes du podium, donc je reste assez optimiste.

Nous partons en Corée du Sud dans l’optique d’être dans le top 10 pour ne pas être déçus, mais  si on peut jouer le podium, c’est clair que l’on ne va pas se priver.

 

Nous connaissons aussi les autres nations présentent, nous les côtoyons sur les pistes durant l’année, nous savons à quoi s’en tenir…

 

Des projets…

 

Je sais que tu as la tête aux JO mais as-tu  des projets pour l’avenir ?

J’espère déjà réaliser une belle performance à Pyeongchang, une médaille de préférence. Sportivement, je compte bien  reprendre l’athlétisme cet été,  le niveau n’est pas semblable, mais c’est tout de même mon sport de prédilection.

Je veux aussi reprendre mon activité de coaching et si tout se passe bien j’espère par la suite continuer dans le monde du bobsleigh.

Cela fait beaucoup de projets mais ce sont des activités qui me tiennent à cœur.

 

Merci  Dorian pour cette interview.

Bonne chance à toi et ton équipe !